Éducation au Maroc

Après la famille, l’éducation est au Maroc le plus important indicateur de statut social. Driss et Amina, tous deux citadins, savent lire et écrire, comme 55,3% de la population marocaine urbaine. Mais alors que Driss est représentatif du niveau d’éducation des hommes, Amina fait partie d’une minorité : le taux d’illettrisme chez les femmes atteignait 60% en 2003. Amina aura peut-être du mal à trouver un emploi, bien qu’elle ait fait des études supérieures : 40% des titulaires d’un diplôme universitaire étaient au chômage en 2008.

Le cas de Rachid, qui sait lire et écrire, fait plutôt figure d’exception dans un Maroc rural où le taux d’analphabétisme est encore supérieur à 70% et où seulement 12% des garçons vont au collège. Les soeurs de Rachid font partie des quelque 500 000 enfants de moins de 15 ans qui travaillent au lieu d’aller à l’école – dont pratiquement deux tiers de filles. L’évolution de la société et l’adoption d’une loi fixant à 14 ans l’âge de la scolarité obligatoire, conjuguées à un certain nombre d’initiatives locales, ont permis toutefois une franche amélioration de la situation dans les zones rurales. Il reste que pour des familles vulnérables comme celle de Rachid, qui ont parfois toutes les peines du monde à nourrir leurs enfants, la priorité n’est pas toujours de les envoyer à l’école. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le taux de malnutrition infantile au Maroc est passé de 4% au milieu des années 1990 à 8% en 2006. Rachid bénéficie d’un programme novateur dans son établissement scolaire, qui prend en charge les repas aussi bien que l’éducation des élèves. Une clé pour un avenir meilleur au Maroc.

Normes sociales

Comme vous le remarquerez au cours de votre voyage, une attitude inacceptable dans la rue, ou en public, telle que boire de l’alcool, ou mimer un baiser vers une personne du sexe opposé, est relativement tolérée à une terrasse de restaurant, dans un riad ou un café Internet. Ainsi la position d’Amina face à l’alcool et aux flirts sur Internet ne va pas totalement à l’encontre des usages, et Driss peut-il nourrir quelque espoir quant à son idylle du cybercafé. Sur le papier, la loi marocaine limite la vente d’alcool aux alentours des mosquées, interdit les relations sexuelles hors mariage et l’homosexualité, mais ces lois sont rarement appliquées.

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